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Les populations de baobabs déclinent et l’on considère que cet arbre est menacé dans certaines parties de son aire de répartition, en raison de la très faible régénération observée.

Cette quasi-absence de régénération est attribuée à l’intensification de l’agriculture, à la multiplication des feux de brousse, au développement des pâturages pour le bétail et à la surexploitation de l’espèce, en particulier de ses feuilles.
Les arbres prisés pour leurs feuilles sont fréquemment mutilés pour les empêcher de produire des fleurs. Les jeunes plants mesurant moins de deux mètres sont souvent arrachés par les enfants, qui en consomment les racines.
L’écorce est couramment prélevée sur les plus vieux spécimens, mais elle se régénère : ces arbres sont capables de survivre même si une quantité considérable de leur écorce a été récoltée.

écorce d'arbre du baobab bio sauvage

écorce d’arbre du baobab bio sauvage

L’évolution du régime des précipitations et surtout leur baisse compromet également la pérennité de l’espèce dans certaines zones.
Statut de conservation Des collections ex situ sont stockées grâce à des méthodes conventionnelles dans la banque nationale de semences du Burkina Faso ainsi qu’à la Millennium Seed Bank, au Royaume-Uni. Des tests de germination sur des graines qui ont été stockées pendant 15 ans ont montré que les échantillons étaient toujours exploitables après ce stockage. En ce qui concerne la conservation ex situ, on peut déplorer l’insuffisance de l’échantillonnage qui n’a pas tenu compte de la distribution des accessions.
Il faudrait en conséquence élargir l’échantillonnage grâce à des activités de collecte systématique.
On ignore s’il existe une conservation in situ efficace du baobab dans des aires protégées comme des parcs nationaux ou des réserves forestières.
De nombreuses aires officiellement protégées ne le sont que sur le papier. Par conséquent, même s’il est probable que l’espèce soit présente dans de nombreuses zones protégées, cela ne peut pas constituer une conservation efficace.
La documentation relative à l’agroforesterie suggère que la meilleure solution est la conservation circa situ, qui implique la gestion et la protection dans les systèmes de production. Cependant, l’efficacité actuelle de cette approche est discutable. En effet, dans la majeure partie de l’aire de répartition où les arbres sont inclus dans des systèmes de production, les populations de baobabs seraient en train de décliner car les jeunes plants et tiges ne bénéficient pas d’une protection suffisante pour assurer leur survie.

Gestion et amélioration

Les hommes influencent la viabilité des populations de baobab de plusieurs manières.
Certaines pratiques sont bénéfiques, comme la transplantation et la protection des jeunes plants, ainsi que la dispersion non intentionnelle des graines par le biais des déchets déposés dans les champs. En revanche, d’autres sont néfastes, comme le labourage des champs ou le fait de laisser paître le bétail là où poussent des jeunes plants.
Au Burkina Faso et au Nigeria, les populations rurales plantent des arbres autours de leurs habitations ou dans leurs champs. Dans d’autres pays, il est rare que des graines de baobab soient semées mais les jeunes plants sont transplantés en bordure des champs ou à proximité des maisons. Les jeunes arbres doivent être extrêmement protégés, notamment par des clôtures empêchant le bétail de paître.

Sélection et domestication

Des activités de domestication et d’amélioration sont en cours dans certains centres internationaux (par exemple, le Centre Mondial d’Agroforesterie) et des instituts de recherche africains. Des recherches menées au Bénin, au Burkina Faso, au Mali et au Sénégal ont fourni des données sur la valeur nutritionnelle et médicinale, l’agronomie, l’écologie, la productivité et la diversité génétique du baobab.
Les recherches actuelles ont notamment trait à la caractérisation morphologique, à l’écophysiologie et à la génétique du matériel végétal dans toutes les zones agro-écologiques, en vue de déterminer la résistance au stress causé par la sécheresse. Tous ces projets combinent la recherche, le renforcement des capacités et le transfert de connaissances pour contribuer au succès de leur mise en oeuvre par les populations rurales.

Culture de plants de baobab bio en pots

Culture de plants de baobab bio en pots

Multiplication à partir des graines

Le baobab peut être multiplié à partir des graines mais la germination est souvent lente. La graine peut germer plus facilement après être passée dans le système digestif d’un animal.
Les termites font souvent des trous dans le tégument des graines tombées sur le sol, ce qui accroît le taux de germination. Le pourcentage de germination des graines dans des conditions contrôlées est amélioré de manière significative par une scarification préalable au semis. Pour ce faire, l’une des méthodes consiste à verser de l’eau bouillante sur les graines avant de les laisser tremper pendant 24 heures et à entailler ensuite le tégument au moyen d’une lame tranchante. La germination peut prendre entre trois semaines et six mois. Les jeunes plants ont besoin d’une humidité suffisante pour bien s’établir.

Multiplication végétative

Le baobab peut être multiplié par bouturage ou par greffage. Le greffage garantit que les jeunes arbres auront les mêmes qualités que l’arbre sur lequel le scion (rameau utilisé pour le greffage) a été prélevé. De plus, ce processus est plus court, ce qui facilite la récolte des fruits. Le greffage réduit aussi le délai de la première floraison : les arbres issus de graines fleurissent au bout d’au moins huit ans, tandis que ceux obtenus par greffage peuvent fleurir après seulement trois ans.


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